Toulouse – CR du 11 Mai 2005

REPAS UFOLOGIQUE DU  11 MAI 2005

Lors de ce repas ufologique nous avons eu le plaisir de recevoir Jean-Jacques VELASCO qui est venu présenter son livre.

Voici ce que DIDIER GOMEZ présent nous dit :

L’occasion était trop belle pour ne pas la laisser passer, de rencontrer le monsieur OVNI français et de faire taire certaines rumeurs quant à son rôle au sein du SEPRA. Il n’y a pas de secret OVNI en France, dixit Jean-Jacques Vélasco lui-même. Durant le repas très convivial, il a présenté pendant deux heures, quelques-uns des cas les mieux documentés qui sont présentés dans son livre. L’assistance était conséquente puisque 34 personnes avaient fait le déplacement dont Roch Saüquere (Top Secret), Yves Lignon, quelques témoins et le trio de Planète OVNI représenté par Frédéric Praud, Bernard Capot et Didier Gomez.

L’INTERVIEW DE JEAN-JACQUES VELASCO – DIDIER GOMEZ ET L’ÉQUIPE D’UFOMANIA

Interview Jean-Jacques Vélasco, mercredi 13/04/2005.

Didier Gomez: Vous êtes entré au sein du CNES en Avril 1977, en tant qu’ingénieur spécialisé dans l’optique. Pouvez-vous brièvement nous retracer votre parcours au sein de cet organisme ?

 Jean-Jacques Vélasco: Comme je vous l’aie expliqué il y a quelques secondes, je n’évoquerai pas l’aspect lié à ma carrière au CNES. Simplement, c’est vrai que j’ai eu la chance de pouvoir effectuer un travail scientifique qui m’a permis de prendre connaissance de la problématique des Ovnis. A partir du moment où j’ai pu être avec des collègues qui ont travaillé sur l’ensemble des éléments du dossier, assez rapidement, j’ai été mis dans le cadre du travail d’enquête sur le terrain, et en particulier tout ce qui touchait aux traces et puis également sur la question des éléments liés à la reconstitution des témoignages et aussi sur l’analyse des photos.

 Didier Gomez: La recherche officielle en France a connu ses heures de gloire avec le GEPAN qui a publié de 1981 à 1983 des notes d’information et des notes techniques sur des observations d’OVNI. Comment expliquez-vous que l’ufologie privée ne se soit pas servi davantage de vos travaux pour faire valoir une image plus respectable vis à vis du public ?

Jean-Jacques Vélasco: Vous avez raison, le travail qui a été fait au CNES a permis de diffuser un certain nombre d’enquêtes représentant pratiquement tous les différents aspects liés à la problématique. La plupart du temps, un certain nombre d’ufologues a pensé que le CNES et le gouvernement entre guillemets avait sorti ces informations et que ça masquait en quelque sorte d’autres affaires plus importantes ou qui n’étaient pas montrables. En fait non, ça tenait simplement au fait qu’il y avait peu de cas qui ont été examinés et qui ont ensuite été publiés.

Didier Gomez: Est-il encore possible aujourd’hui de se procurer une ou plusieurs de ces publications émanant du SEPRA ?

Jean-Jacques Vélasco: Par le CNES, non car il n’en reste plus. Mais par l’intermédiaire de Marc Angee, qui a reçu l’autorisation de les publier sur son site, il est encore possible de les télécharger. (www.ldi.net)

Didier Gomez: On peut évoquer aux alentours de 20 % de cas qui demeurent inexpliqués sur l’ensemble des 6500 rapports de gendarmerie établis. Sur cette base de 1300 rapports environ, ne trouvez-vous pas paradoxal que le sujet soit la plupart du temps tourné en dérision par et dans les médias alors qu’il devrait au contraire susciter le plus vif intérêt ?

Jean-Jacques Vélasco: A partir du moment où durant des décennies, vous avez eu un discrédit qui a été porté sur le sujet, il ne faut pas s’attendre à autre chose. Quand on regarde les éléments objectifs liés à ce sujet, force est de constater que nous sommes confrontés à des phénomènes qui ne répondent pas aux caractéristiques des phénomènes naturels ou artificiels connus. Donc à partir de là, il faut qu’il y ait une prise en charge de ce résidu. Et s’il n’est pas pris en charge par des gens qui peuvent rationaliser des choses, ça s’arrête en terme de phénomènes inexpliqués et cela ne va pas plus loin.

 Didier Gomez: Vous avez volontairement présenté dans votre livre OVNIs l’évidence, trois cas absolument indiscutables (Trans en Provence, l’amarante et l’observation d’un pilote Air France Cdt Duboc 28 01 1994) qui tendent à démontrer qu’il y a bien matière à discussion sur le sujet OVNI. Pensez-vous qu’il faille (de la part des ufologues privés) approfondir la recherche en vue de présenter des cas indéboulonnables plutôt que de compiler des centaines d’enquêtes ? Devons-nous privilégier le qualitatif par rapport au quantitatif ?

Jean-Jacques Vélasco: C’est un problème de positionnement de l’ufologie. C’est extrêmement difficile de pouvoir réaliser une enquête comme les trois que vous citez. Pourquoi, parce qu’il faut que vous ayez à un moment donné, les éléments qui vous permettent de faire ce genre d’enquête. Cela signifie qu’il faut qu’il ait un événement qui se produise, un ou des témoins qui soit à même de pouvoir rapporter les événements et puis, là où c’est important, il faut qu’il y ait des événements qui marquent physiquement l’environnement. C’est à dire l’existence de traces physiques, de données radar, des éléments qui vous permettent au niveau de l’analyse de pouvoir dire: Oui, nous sommes en présence d’un objet physique, dont les caractéristiques ne sont pas reproductibles et qui posent problème quant à sa nature et à son origine. A partir de ce moment-là, vous êtes amené à étudier précisément les choses mais c’est très rare. Pourquoi en aie-je sélectionner trois, simplement parce que les analyses ont abouti à la conclusion qu’on ne pouvait pas expliquer ces objets… et c’est tout. A partir de là, la porte est ouverte.

 Didier Gomez: J’ai sous la main deux cas à vous soumettre connus récemment dans le Tarn, l’un près d’Alban en juillet 2004 et le second à Arthès en août 2004. (photos à l’appui).

 Jean-Jacques Vélasco: C’est très difficile pour les enquêteurs amateurs, au sens noble du terme… ce n’est pas péjoratif dans mon esprit, d’effectuer ce travail avec les moyens qui vous permettent d’aboutir à des conclusions comme celles-là. Pour différentes raisons… parce qu’effectivement soit les compétences ne sont pas réunies, soit les moyens financiers ne le permettent pas…

Frédéric Praud: Nous ne sommes que des bénévoles, nous avons tous un métier, une famille et par conséquent des moyens limités…

Jean-Jacques Vélasco: Absolument, je comprends tout à fait la difficulté d’être ufologue. J’expliquerai d’ailleurs au cours de la soirée ce que je pense de l’ufologie.

Didier Gomez: Vous avez enquêté dans le Tarn sur un cas assez sulfureux. Celui de Bertre, en septembre 1989. J’ai moi-même rencontré plusieurs fois le témoin, Mr Aujoulet. Que pensez-vous de ce cas ? S’agit-il pour vous d’une affaire solide ? Je vous avais contacté à ce sujet, mais mes demandes sont restées sans réponses pourquoi ?

Jean-Jacques Vélasco: Oui je me souviens de cette affaire… Il s’agit d’un témoin unique, et c’est toujours délicat dans la mesure où si on ne peut pas confronter son témoignage avec d’autres témoins ou le confronter avec des traces sur l’environnement physique. Quand j’ai effectué l’enquête, il y avait un certain nombre d’éléments qui ne permettaient pas de valider son témoignage, notamment par rapport à ces fameuses tuiles sur le toit, par rapport à son environnement… je ne peux pas apporter totalement de crédit à cette observation. Ceci étant, je ne porte pas de jugement sur cette affaire parce que cela reste pour moi inachevé. Nous n’étions pas dans un cadre où on pouvait vraiment donner des conclusions. Cela reste un témoignage, le témoin a pu effectivement observer cette lueur au-dessus de sa maison, mais il existe des témoignages plus intéressants. Quand vous avez des gens qui sont en voiture en pleine campagne, dont les phares s’éteignent… etc… là, vous avez déjà des éléments plus intéressants.

Didier Gomez: Vous allez bientôt prendre votre retraite… Allez-vous continuer à chercher les possibles explications à ces phénomènes ? Écrire de nouveaux livres… ?

Jean-Jacques Vélasco: M’intéresser au sujet… certainement, écrire de nouveaux livres… peut-être, mais je vais prendre une certaine distance par rapport à la question des OVNI. Oui, parce que c’est vrai que la pression professionnelle a été très forte, avec en particulier des personnes qui ont cherché plus à nuire à ma personne, que permettre de faire avancer les choses.

Didier Gomez: Vous militez clairement à travers votre livre en faveur de l’hypothèse extraterrestre. Êtes-vous réellement convaincu que l’HET est recevable ?

Jean-Jacques Vélasco: Incontestablement, j’essaie d’apporter des éléments qui vont dans ce sens. Et si vous avez bien lu le livre, notamment par le biais de cas aéronautiques visuels radar, il est certain que c’est ce qui me conforte dans l’idée que nous avons affaire à des phénomènes au caractère « intelligent » qui se manifestent d’une façon particulière selon les circonstances dans lesquelles ils se trouvent être constatés. Et notamment, quand on a affaire à des cas militaires, on se rend que compte que c’est fort troublant.

Didier Gomez: Je voudrais vous poser une dernière question par rapport à la soirée du 5 novembre 1990…

Jean-Jacques Vélasco: Ah… cette fameuse soirée du 5 novembre 1990…

Didier Gomez: Je suis l’auteur d’un livre sur le 5 novembre 1990, pas sur la polémique qui a suivi mais… j’ai enquêté sur des témoignages qui ont été recueillis dans le département de l’Eure et qui font état d’observations s’étant déroulés soit la veille, soit à des horaires incompatibles avec la rentrée…

Jean-Jacques Vélasco: Oui, cela n’a peut-être rien à voir avec ce qui s’est passé… le 5 novembre 1990 à 19 h 03… 19 h 02 précisément (rires)…

Didier Gomez: Vous confirmez bien, par rapport à ce que vous aviez dit également que çà n’empêchait pas que d’autres témoignages aient pu se produire …

Jean-Jacques Vélasco: Ce que je dis et ce que je répète, le 5 novembre 1990, c’est un cas qui a été traité dans le cadre du CNES, le CNES s’est exprimé et Jean-Jacques Vélasco n’a rien de plus à rajouter que ce qui a été dit par le CNES. Donc il n’y a pas de polémique, simplement je peux expliquer pourquoi des témoins placés dans certaines conditions n’observent pas la même chose que d’autres témoins placés dans d’autres secteurs. C’est tout à fait normal, chacun a une perception des événements différente selon d’abord, sa physiologie, et puis ensuite selon sa perception qui peut être différente selon l’environnement. C’est tout à fait dans ce cadre là que le cas a été traité. Avouez que 800 personnes qui vont témoigner dans les brigades de gendarmerie ou dans les commissariats de police et qui vous rapportent de façon à peu près similaire, avec bien sûr des écarts considérables entre les témoignages, la description d’un événement qui a duré moins de deux minutes, évidemment…

Didier Gomez: Je suis moi-même témoin du 5 novembre, ce que j’ai vu ne m’a pas du tout interpellé sur le moment…

Jean-Jacques Vélasco: Il y a eu une polémique notamment par rapport à un pilote qui s’appelle Mr Greslé, qui a fait par la suite un livre. Il a essayé de faire passer au travers de cette affaire du 5 novembre, des témoignages qui n’étaient pas, à mon avis, en relation avec l’événement qui était décrit. Donc je ne peux pas sur ce cas là, dire que les gens … qui d’ailleurs n’avaient pas rapporté leur événement en gendarmerie… donc moi je ne pouvais pas prendre en compte dans le cadre professionnel, cette affaire.

Didier Gomez: Serez-vous présent au congrès d’octobre à Chalons en Champagne et si oui en tant que visiteur, auteur ou intervenant ?

Jean-Jacques Vélasco: Je ne participerai pas à cette manifestation. Ce n’est pas dans ma nature d’aller dans tous les congrès ufologiques de France et de Navarre.

 Frédéric Praud: Justement à propos des congrès, un mot sur votre venue à Pocantico, en 1999. Qu’en avez-vous pensé ?

Jean-Jacques Vélasco: Pocantico ce n’est pas un congrès, c’est en fait une relance scientifique qui a été effectuée par le professeur Peter Sturrock, à l’occasion de rencontres qui avaient eu lieu aux Etats-Unis entre monsieur Rockefeller et un certain nombre de personnes qui souhaitaient faire le point sur ce sujet. Ils ont donc réunis à la fois un panel de scientifiques qui ne connaissaient absolument pas le sujet, qui étaient neutres et même pour certains très farouchement opposés, et d’un autre côté, des experts, des ufologues puisque officiellement… il n’y a avait que la France qui avait des gens qui traditionnellement parlant, travaillaient sur le sujet. La demande a été transmise au CNES par le Professeur Sturrock, donc très officiellement j’ai été délégué pour aller là-bas.

Ce que je pense de Pocantico, c’est que malheureusement, si un certain nombre d’éléments ont été abordés correctement.. j’ai essayé de montrer, comme je le dis dans mon livre, une certaine réalité physique… j’ai quand même été surpris par la légèreté des ufologues américains essentiellement, dans leur présentation des cas ou des travaux qu’ils présentaient. Ils avaient affaire à des scientifiques, lesquels sont extrêmement réticents quand vous n’avez pas de présentation rigoureuse… un soir, on m’a demandé d’apporter sur un coin de table un cas récent visuel radar.

Effectivement j’avais le cas des lumières de Lubbock sous la main mais ce n’était pas à moi de le faire. Je pensais que vraiment ça manquait un peu de rigueur et de fond ,du point de vue des affaires qui étaient présentées.

Après il y a eu des affrontements assez sévères entre les scientifiques et à la fin, ils en ont conclu qu’il fallait s’inspirer de  ce qui se faisait en France mais qu’il  n’y avait pas beaucoup d’espoir qu’aux Etats-Unis, on redémarre sur une présentation dans un cadre plus officiel, plus structuré

Jean-Jacques Vélasco: Qu’est ce que vous attendez ?

Didier Gomez: Est-ce qu’il y a moyen d’avoir des contacts par votre intermédiaire pour aller plus loin dans l’analyse de ces documents… ? L’enquête est au point mort … faute de nouveaux éléments sur la nature de ces photos…

Jean-Jacques Vélasco: C’est extrêmement difficile sur un coin de table de pouvoir apporter un jugement quelconque sur une affaire. En règle générale, quand on reçoit, un témoignage de cette nature voire des photos, on le reçoit dans le cadre des structures en place par le biais des gendarmeries, et à ce moment-là, on enclenche des moyens d’expertise qui peuvent aller jusqu’à faire appel à des laboratoires spécialisés dans tel ou tel domaine pour vérifier les éléments comme ce fut le cas pour Trans-en-Provence. La photographie – c’est là où cela pose un problème – avec les appareils numériques, on est beaucoup plus handicapé que par le passé… sur les films anciens, on pouvait exploiter les informations à caractère radio métriques voire géométriques. Avec le numérique, c’est complètement différent puisque vous pouvez avec des mélanges d’images créer une photographie. C’est beaucoup plus difficile de se prononcer.

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En revanche, on peut toujours se prononcer sur un cliché photographique à partir du moment où on a des témoignages qui viennent s’ajouter. Si on a la chance d’avoir des gens qui sont à distance pas trop rapprochée et de pouvoir faire des recoupements de ce qui a été observé… Sur un cliché comme çà, vous ne pouvez absolument rien en tirer même si le témoin est absolument de bonne foi.

C’est très bien de recueillir des cas… des informations… Ce que je voudrais dire d’une façon globale: Pour que l’ufologie soit crédible, il faut qu’elle améliore ses moyens au niveau des enquêtes et du recueil de l’information et surtout qu’elle établisse des procédures. Ceci étant, l’enquête de Trans-en-Provence que nous avons effectué, est venue se superposer à une enquête qu’avait effectuée Mr Julien, de Lumières Dans La Nuit, d’une manière tout à fait remarquable.

Je suis prêt à reconnaître que parfois des amateurs peuvent faire des enquêtes aussi intéressantes que des professionnels. Seulement quand il s’agit d’engager des moyens d’expertise qui coûtent très chers et qui ne sont pas à la portée des amateurs, bien évidemment on ne peut plus aboutir à des résultats probants.

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