Les Cagots : un peuple aux origines mystérieuses

Les Cagots sont une énigme historique liée à un peuple que l’on retrouve dans le Sud-Est de la France (dans l’Hérault, aux pieds des Pyrénées) et en Bretagne, et dont on retrouve la trace dans la Haut Moyen-Age, jusqu’à une date récente.

On les trouve sous différentes appellations : Cagots, Chrestians, Agots, Cougots, Coyotes, Ladres, Canards, …

 

 

 

La question de leurs origines se pose : sont-ils les descendants des Wisigoths, dont l’étymologie en fait des « chiens de Goths » ?

Sont-ils des Intouchables, comme en Inde, en raison du fait qu’ils étaient liés à des matières peu nobles ? Les liens avec la racine « caque » (merde) ou le verbe « caguer » (qui signifie déféquer, dans le sud de la France), en sont-ils des illustrations ?

En Bretagne, les Cagots sont appelés Caquos ou Caquous. Caque signifie lèpre et le Caquin est un lépreux. Est-ce une explication de leurs origines ?

 

Dans l’Ancien Testament, le prophète Elie est assisté d’un certain Gezi qui sera affecté par la lèpre après qu’Elie en ait guéri un malade. Or, certains Cagots seront appelés Gezitains.

Ils seront persécutés dès le IXè siècle en France, avec une origine liée aux maladies ramenées lors des Croisades et le nom de Cagot apparait dans les cartulaires, ces documents médiévaux provenant souvent de l’Eglise.

L’une des hypothèses les plus admises est que les Cagots auraient été les porteurs de lèpres et qu’ils auraient été victimes d’une stigmatisation, d’une discrimination, frappant leurs familles et descendants. Pour les distinguer, une marque était apposée sur leurs vêtements. Dans le sud de la France, elle prenait la forme d’une patte d’oie. En Bretagne, c’était une tâche rouge sur leurs vêtements.

 

Les Cagots seront tous victimes d’interdits alimentaires : ils ne pourront cultiver pour l’ensemble de la population, mais juste pour eux (avec, parfois, des revirements tout au long de leur histoire). Stigmatisés, ils seront forcés de vivre à l’écart, condamnés à exercer un certain nombre de métiers au contact avec le bois (charpentier, tonnelier, notamment), dont il est dit qu’il protège des maladies, ou la corde (cordelier). Ils travailleront d’ailleurs sur les charpentes de cathédrales comme Notre-Dame de Paris, utilisant le nombre d’or.

De même, les mariages se feront strictement parmi les Cagots, sous peine de mort.

D’une manière générale, les Cagots seront des proscrits, avec des séparations très strictes à l’église (porte dérobée, bénitier réservé aux Cagots, communion sans contact physique, carré réservé dans les cimetières, etc.). Du fait de leur croyances, le nom de Chrestians leur sera aussi apposé.

De même, ils ne pourront être soldats, n’auront pas le droit de faire de l’élevage (sauf pour le cochon).

 

Au XVIè siècle, le chirurgien Ambroise Paré va étudier les Cagots. Sont-ils des lépreux ? La réponse est négative. En revanche, il va découvrir quelques particularités les concernant : les Cagots sont blonds aux yeux bleus, grands et ils dégagent une chaleur corporelle plus forte que celle de tout être humain, avec une action de desséchement de pommes. Est-ce lié à un fort magnétisme ? Ils possèdent aussi une forte libido. Enfin, lors d’une saignée, Ambroise Paré constatera que leur sang est bouillonnant et qu’il est de couleur vert-bleu. Ce document d’Ambroise Paré mentionnant ces conclusions n’a, toutefois, pas été retrouvé.

Au XIXè siècle, ils sont décrits avec un faciès particulier : sans lobe ni pavillon aux oreilles, leurs mains et leurs ongles semblent comme abimés. Plusieurs origines sont alors proposées à cette époque : Sarrasins, Juifs, Mahométans, Cathares, …

Des photos montrent des ongles bombés, arqués, avec des doigts fissurés, et sans aucun système pileux. Leur teint est blafard, sans incisives. 2000 personnes sont estimées au XIXè siècle.

Ont-ils des pouvoirs maléfiques ? Des témoignages font état de la folie des Cagots lors de la pleine lune ou de la lune croissante ; se dévêtant, sautant des toits sur lesquels ils travaillent, …

 

Toutefois, les Cagots ne seront pas toujours discriminés. Ainsi, Gaston Phébus leur fera construire son château, les dispensant d’impôts sur les feux, la taille, etc.

Louis XIV interdira qu’on les maltraite ou qu’on les mette à l’écart. Entre 1683 et 1696, les Cagots se voient supprimer leur condition d’esclaves…mais seront utilisés comme soldats lors des guerres, jusqu’à Napoléon. Entretemps, la Révolution Française en fera des hommes libres, du moins en droit. Certains s’enrichiront et deviendront des bourgeois.

 

Mais quelle est leur origine ?

On les fait remonter aux Wisigoths dont le roi Theodoric était marié à la reine Pédauque dont le nom évoque le « pied d’oie ». Euric, son descendant, rejettera l’Eglise Catholique pour adhérer à l’Arianisme, du nom de son fondateur, Arius. Cela provoquera des guerres civiles, notamment dans le sud de la France, qui pousseront les Wisigoths à partir en Espagne.

Ce n’est finalement qu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale que les Cagots pourront enfin obtenir l’égalité. Un reportage dans le magazine « Points de vue, images du monde » de 1962 les fait connaitre et en montre quelques photos…mais ils ne sont ni grands, ni blonds aux yeux bleus !…

Et s’ils venaient de l’espace ?

Cette hypothèse dérive des observations d’Agobart, évêque de Lyon au IXè siècle qui rapporta des histoires qui lui furent rapportées d’êtres venus du ciel. A cette époque, des êtres venus du pays de Magonie se seraient posés à Lyon, en plusieurs vagues, mais la foule s’en empara et les malmena. Certains parlaient une langue inconnue et furent surnommés les Tempestaires car ils pouvaient créer des tempêtes.

Sous le règne de Charlemagne, il y eut une interdiction de créer des tempêtes, par effet magique et par…des mathématiques !

Ces êtres étaient grands, blonds aux yeux bleus, avec des oreilles non visibles et des mains palmées. Leurs pieds étaient cachés et ils portaient un capuchon sur la tête.

Que sont-ils devenus ?

Un mystère historique non encore résolu…

 

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