Strasbourg – Article de presse

Salut les Martiens !

C’est l’homme qu’on appelle quand survient une lumière étrange dans le ciel. Pour mener l’enquête, cet ancien gendarme est prêt à quitter son domicile d’Ingwiller pour traverser la France, de jour comme de nuit, dans l’espoir de recueillir des indices.

Ce qui s’explique ne l’intéresse pas. Lui aime le mystère. La quête. Qu’il poursuit par de véritables enquêtes, certaines très poussées, inspirées par des lumières apparues un soir dans le ciel, aussitôt vues, aussitôt disparues. Une fois averti, il peut sauter dans sa voiture le soir à 23 h pour traverser laFrance… et, la plupart du temps, revenir bredouille, ayant rapidement découvert sur place l’origine tout à fait rationnelle des faits rapportés. C’est drôle,finalement, de prendre autant de temps pour expliquer un phénomène auquel, au fond, on préférerait ne pas trouver d’explication. Ou, plus précisément, en trouver une d’un autre type…

Mais attention : le chercheur d’OVNI refuse d’être identifié à un cliché : «On nous voit comme des chercheurs de petits bonshommes verts, des gens qui n’ont pas vraiment la tête sur les épaules. » Si la première partie de cette phrase est un peu vraie, il réfute catégoriquement la seconde. Car même s’il admet « une part de rêve » dans ses motivations, Christian Comtesse refused’être considéré comme « un doux dingue ». Au contraire, visiblement, l’ufologue prend les choses du ciel très au sérieux. Il est de ceux qui se base sur les faits, rien que les faits. Et, après plus de 40 ans de quête, il cherche encore.

Il se passe quelque chose dans notre ciel

C’est dans la solitude de ses 17 ans, après avoir quitté sa Dordogne natale pour venir brusquement, comme tombé du ciel, atterrir en Alsace, que le jeune Christian Comtesse se prend de passion pour ce qui vole, éclaire la nuit puis disparaît mystérieusement. Cet amateur de science-fiction apprend sur le tas,dans les livres qu’il trouve. Il parle de « traces » de vie extraterrestrerapportées par tel auteur. Ou se questionne sur telle métaphore inscrite dans le Livre des livres : « Les chariots de feu, dans la Bible, est-ce que ça pourrait être des visiteurs ? »

Mais conscient du regard de la société sur sa très personnelle activité, il décide de la mettre en sourdine pendant quelques années, le temps d’un passage au sein de la gendarmerie. « Quand je suis arrivé à l’école de gendarmerie, onm’a dit que les OVNI, c’était pas bon pour la carrière. » Carrière dont de toute façon il ne voudra plus, au bout de quatre ans et demi. Même s’ilconsidère toujours que c’était « un métier qui n’était pas fait pour moi », il en retirera un précieux esprit de méthode : « Ça m’a appris à faire des enquêtes. »

Mettant à profit ses quelques connaissances, celui qui se définit désormais comme « enquêteur ufologique » intervient lorsque « des gens observent des trucs et nous les signalent, parce qu’ils n’ont pas compris ce qu’ils ont vu. »Sur place, il tâche de relever des indices, entend les témoins, consulte parfois des caméras, réalise des calculs de trajectoire, s’enquiert des événements qui ont pu se dérouler au même moment dans les environs. De cette manière, souvent, les causes sont découvertes rapidement. « 75 % de ce qu’onnous signale peut avoir une explication », précise-t-il. Quant aux 25 %restants, il en rêve parfois pendant des mois. Jusqu’à parvenir parfois à éclaircir le mystère, en prenant enfin conscience d’un détail qui lui avait échappé.

« On n’est pas là pour vendre du rêve »

Mais le plus souvent, il le reconnaît, ses beaux OVNI sont en réalité des lanternes thaïlandaises. Comme récemment, en Moselle, lorsqu’appelé par un monsieur prétendant avoir aperçu une escadrille volante non identifiée,l’ufologue tombe, en circulant dans les alentours, sur ces objets enflammés «lâchés dans un proche mariage. »

Un genre de découverte qui ne fait pas toujours des heureux : « Après, allez lui expliquer que ce n’est pas un vaisseau qu’il a vu ». Ce qu’il tente de faire tout de même. Car Christian Comtesse l’assure : « On n’est pas là pour vendre du rêve, mais pour donner un maximum de vérité. » Même s’il reconnaît qu’il existe « une somme considérable de doux agités qui veulent transformer tout et n’importe quoi en phénomène extraterrestre ». C’est pourquoi lui «vérifie tout ». Ce qui lui permet au passage de débusquer sans trop de difficultés les petits plaisantins qui lui envoient des photos truquées…

Malgré tout, il en est sûr, « il se passe quelque chose dans notre ciel. »Même si lui-même n’a pas fait la rencontre espérée. Il y a bien eu toutefois ce soir d’été où un rectangle aux bouts arrondis lui est apparu, cachant les étoiles et étouffant tous les sons, faisant se dresser les cheveux sur la tête par un étrange phénomène électrostatique. « Je ne sais toujours pas ce qui a pu se passer », dit-il aujourd’hui.

Président de l’association des repas ufologiques

Cette histoire, il l’a peut-être racontée à l’occasion des fameux repas ufologiques qu’il a fondés à Strasbourg. L’association du même nom, basée àIngwiller depuis 2010 et dont il est le président, organise de telles gastronomiques (et astronomiques) discussions dans une trentaine de villes en France, comme à Brest, Toulouse, Bordeaux, Tours, Paris, Metz ou Grenoble. Avec des passionnés comme lui, il partage librement ses convictions. « La preuve de l’existence des extraterrestres, je ne l’ai pas formellement. Mais il y a assez d’indices pour que l’hypothèse soit séduisante. »

Comme lui, ils vivent dans un monde à eux, un peu spécial, tranquillement en dehors des normes. « On n’est pas dans le monde métro-boulot-dodo », indique l’ufologue, désormais à la retraite après 20 ans passés dans les mines de charbon en Lorraine, et encore employé de manière occasionnelle dans des exploitations agricoles.

Mais ce n’est pas parce qu’il a aujourd’hui plus de temps à consacrer à sa passion qu’il le perd à échafauder de fumeuses théories. Comme ceux qui, « à peine quelques heures après la disparition du Boeing [le fameux vol MH370 de laMalaysia Airlines, NDLR], ont dit sur internet qu’il avait été détruit par les extraterrestres ». Car le réseau mondial peut être une vraie nébuleuse « deparanos, des gens qui délirent », lance sa compagne Marguerite, celle qui partage sa vie, sa passion et ses enquêtes depuis 20 ans, jusqu’à deveniraujourd’hui sa « collaboratrice ».

« Elle me ramène les pieds sur terre », dit-il doucement. Pendant que lui garde les yeux au ciel, comme le jeune homme qu’il était dans les années 80 etqui « cherchait E.T. », le gentil extraterrestre du film de Spielberg.

Justement, selon lui, ces visiteurs sont-ils plutôt du style amical E.T. ouau contraire hostiles comme Alien ? « Je ne sais pas, dit-il. Mais pour moi,déjà le fait d’observer sans mon consentement, c’est une agression. exemple, si un voisin m’observait avec des jumelles, je me sentirais agressé. »Après un instant de réflexion, il se reprend pourtant : « Mais ça, c’est nousqui le pensons, eux pensent peut-être autrement ! » Qui sait, en effet.

Bon, maintenant, avec un peu d’imagination, et si on laisse de côté l’aspect raisonnable des choses… les extraterrestres, ils ont quelle forme ? Marguerite a sa petite idée : « Moi, je pense qu’on est entourés de quelque chose qu’on ne voit pas, qui est capable de prendre des formes variées », lance-t-elle.Ajoutant : « Peut-être même que les extraterrestres, ce sont les OVNI eux-mêmes. »

Parce qu’on ne sait jamais, tout peut arriver, Christian Comtesse, à 60 ans passés, est toujours prêt à tailler la route pour une lumière dans le ciel, en« quête d’un trésor ». « Il y en a qui cherchent des trésors au fond des mers,d’autres qui cherchent dans les bibliothèques. » Lui se plonge, comme Pascal en son temps, dans le silence éternel de ces espaces infinis. Et si un jour, à force d’y croire, il trouvait ce qu’il cherchait ? « Si je le trouve, peut-être que ça ne m’intéressera plus », lâche-t-il, lucide. Car il le sait, et sans doute lui mieux que personne : « Ce n’est pas le trésor qui est intéressant,c’est la recherche… »

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